
Je crois qu’il est parfois plus difficile de raconter ce qu’on aurait voulu être plutôt que ce qu’on a toujours voulu faire.
Oh je sais, c’est tellement « bateau » comme question, qu’on finit par se dire que c’est une interrogation éternelle, et on perd du temps, on en perd encore et toujours…mais ca donne toujours l’impression d’être plus beau quand on s’imagine des choses qui nous dépassent et pas qu’un peu…
Evidemment que j’ai toujours voulu façonner l’avenir, mais c’est toujours lui qui a gagné, et les seules fois où je me dis que j’ai réussi, voilà que je suis déjà dans le passé. Le ciel est resté le même en été comme en hiver, bon je vous avoue honnêtement que ca me frustre de m’entendre dire une chose pareille, mais à peine ai-je fini de me délecter du présent, qu’il a déjà fui en claquant la porte et en effaçant ses traces de pas dans la neige.
Un des moments fantastiques d’une vie reste bien évidemment ceux remplis d’amour, car trop rares pour être revendus sur internet ou saisis par la justice et pourtant c’est le bien le plus cher et le plus irrespectueux qu’il m’a été donné de connaître.
Il se lève un matin comme un soleil ébouriffé, disperse de la lumière un peu partout pour qu’on y voie plus clair et voilà qu’on cherche à se reposer pour toujours dans le jardin de la vie, là où les fleurs poussent et l’eau paisible coule dans son lit sans jamais s’en écarter. Mais voilà qu’il se fait tard et que le soleil change de couleur, il reste incroyablement beau, mais il fait de l’ombre sur ce qu’il éclairait si bien au début et voilà qu’il s’en va lui aussi, emportant sa lumière et sa joie, le jardin dort maintenant sous la lune et les millions de petites étoiles qui le bercent d’une petite lumière tamisée, le soleil éblouissait, la lune et ses étoiles préfèrent veiller sur nous lorsque nos yeux se ferment pour oublier, nous reposer, pour que personne ne nous réveille avant que l’on soit le lendemain.
C’est parfois un jour ou une semaine, voire des mois et des années qui vous séparent d’une vérité, mais le jour où vous la trouvez et que vous vous rendez compte à quel point elle vous change, elle vous donne l’impression d’avoir muri d’un siècle et même d’être devenu quelqu’un d’autre, quelqu’un de meilleur à priori…
Je l’ai trouvée dans les regards échappés et les paroles parfois insignifiantes de mes parents, dans les rires légers de mes amis et la complicité



